Tandy, 1977
Tandy TRS-80
Le Micro-ordinateur

Les jeux marquants

Adventureland, Dancing Demon, Temple of Apshai, Galactic Empire

L'essentiel
Pavé Info
Année de sortie 1977
Fabricant Tandy
Support Cassettes
Unités vendues 1 million
Prix 600 $
Fiche Technique
Processeur Zilog 80 cadencé à 1,8 MHz
Mémoire (vidéo) 4-48 Ko (RAM) / 4 Ko (ROM)
Graphisme 128x48, monochrome
Son Bip sonore
L'Histoire
En 1977, Tandy Radio Shack, une société américaine spécialisée dans la vente de matériels électroniques qui dispose de plusieurs milliers de points de vente aux Etats-Unis lance son premier ordinateur grand public : le TRS-80.

L'histoire du TRS-80 est typique des sociétés américaines qui se sont lancées sur le marché florissant de la micro-informatique grand public au milieu des années 70. Depuis 1919, Tandy est une entreprise familiale qui confectionne des chaussures et des accessoires en cuir dont le marché s'accroît considérablement pendant la seconde guerre mondiale. À partir des années 60, Charles Tandy, fils du fondateur du groupe, décide de diversifier ses activités en rachetant pour un montant de 300 000 $ Radio Shack, une chaîne de magasins spécialisés dans la vente de produits hifi, vidéo et radio, bien connue aux Etats-Unis. Avec plusieurs milliers de boutiques à sa disposition, les affaires tournent bien mais en 1975, les ventes de leur produit phare, la radio CB, baissent soudainement. Charles Tandy a besoin de trouver un nouvel équipement aussi intéressant et c'est l'un de ses cadres, Don French, qui trouve rapidement une solution. Depuis quelques mois, celui-ci s'intéresse à un appareil qu'il a acheté en kit, l'Altair 8800, et dont il peut examiner tous les composants puisqu'il a été imaginé comme tel. Il tente alors de convaincre son directeur de se lancer dans l'aventure en lui montrant les recherches effectuées sur l'appareil. Rejoint en 1976 par Steve Leininger, un ingénieur électronique, le concept est approuvé par Charles Tandy qui pense que son équipe va développer une machine à monter soi-même. Mais au fil du projet, Leininger réalise un système préassemblé complet avec un clavier, plutôt que des interrupteurs, et un écran plutôt que des LED en guise d'interface utilisateur. L'ordinateur est baptisé Tandy Radio Shack 80, le chiffre 80 provenant du nom du processeur Zilog80 [1], choisi par les ingénieurs comme point névralgique de l'appareil. Il est présenté pour la première fois en août 1977 lors d'une conférence de presse mettant en avant le prix de la machine livrée nue (399 $) et avec un écran de 12" en noir et blanc (599 $). À l'époque, ce prix est réellement bon marché mais ce n'est pas un hasard puisque Radio Shack n'a jamais vendu de produits supérieur à 500 $ ; il s'agit donc également pour l'enseigne de réaliser un test grandeur nature pour savoir si elle est capable de vendre du matériel haut de gamme. Contrairement à l'évaluation faite par Don French de produire 50 000 machines en un an, Tandy ne construit que 3500 appareils dans un premier temps ce qui correspond exactement au nombre de points de vente présents aux Etats-Unis arguant que si l'ordinateur ne se vend pas il pourra au moins servir à réaliser les inventaires des boutiques. C'est finalement un mauvais calcul puisqu'à la suite de la conférence, le standard téléphonique de Tandy est rapidement saturé d'appels de clients souhaitant réserver leurs TRS-80. En à peine six semaines, Tandy construit 10 000 machines à la volée (expliquant peut-être les problème de confection par la suite) qui se vendent en un rien de temps dans les enseignes du groupe. Don French avait vu juste en pensant que l'informatique personnelle allait devenir un nouveau marché. À cette époque, la demande du public qui souhaite s'initier aux joies de la programmation est très forte et il n'existe pas encore d'innombrables alternatives pour y arriver.

Le TRS-80 est une réussite et il fait figure d'avant garde avec Apple et Commodore qui sortent aussi leurs premiers micro-ordinateurs à cette époque : l'Apple II (plus cher mais aux caractéristiques plus évoluées) et le PET 2001, véritable concurrent du TRS-80. Ces trois ordinateurs personnels, sortis en même temps, sont souvent regroupés sous l'appellation "Trinité 1977" et représentent concrètement les premiers essais concluants de l'informatique grand public. Architecturé autour du fameux processeur Zilog 80, le TRS-80 ne dispose que de 4 Ko de mémoire vive, un Basic (Tiny Basic) de moyenne qualité et un lecteur cassette externe pour sauvegarder ses données mais qu'il vaut mieux vérifier par deux fois car il n'est pas très fiable. Son moniteur monochrome en noir et blanc (vert et noir dans les versions successives) n'est pas non plus la panacée. Bien sûr à ce prix là, on ne peut pas demander plus mais ces quelques erreurs de jeunesse lui vaudront rapidement le surnom peu envié de "Trash-80" de la part des client qui s'essayent à ses fonctionnalités. Fin 1980, alors que le TRS-80 s'est déjà vendu à plus de 200 000 exemplaires, Tandy doit stopper net sa production à cause de la FCC, un organisme de régulation des ondes électromagnétiques. En effet, les interférences radio de l'appareil non-conformes permettraient à des hackers "mal intentionnés" de détourner l'usage principal de l'écran pour capter des émissions de télévision. Etant donné la concurrence qui sévit à l'époque entre Commodore, Apple mais aussi Texas instrument et son TI99/4 et Atari avec ses modèles 400/800, on peut se demander si la mise en cause n'a pas été faite en secret par un autre constructeur soucieux de la réussite du TRS-80. Pour autant, Tandy ne se laisse pas abattre et répond avec deux nouvelles versions de son ordinateur : le modèle II et le modèle III. Apparu en juin 80, le modèle III, qui fait suite au modèle II sorti en 1979 réservé à un usage professionnel,  gomme les nombreuses imperfections de son prédécesseur. Le processeur est identique mais cadencé à une vitesse supérieure, il propose 16 Ko de mémoire vive et un Basic de meilleure qualité réalisé par Microsoft. L'écran toujours monochrome est de meilleure qualité ; celui-ci dispose également de deux lecteurs de disquettes intégrés de 5" 1/4 permettant des sauvegardes plus aisées qu'avec des cassettes. En outre, sur le côté du clavier se trouve un port cartouche pour y mettre des jeux vidéo qui se compteront par centaines d'exemplaires et boosteront les ventes aux côtés des applications habituelles : tableur, traitement de texte, etc.

Avec la collaboration de Motorola, le modèle III est rapidement suivi du Color Computer qui sera le véritable concurrent des Apple II, des Commodore 64 et des ZX Spectrum jusqu'en 1984 avec des graphismes en 8 couleurs "haute-résolution", soit seulement 256 x 192 à l'époque. Le TRS-80 et ses versions successives se sont également vendues à l'étranger et ont connu d'innombrables clônes à l'instar des Pong du milieu des années 70 : Lobomax, Dragon32/64, Video Genie, Alice pour la France, etc. Quant aux séries Color Computer, également connues sous le nom de 'CoCo' aux Etats-unis, elles se sont vendues jusqu'en 1991 mais ne pourront faire face à l'émergence des Amstrad CPC et surtout des Atari ST et Amiga beaucoup plus performants dès 1985. Au total, toutes versions confondues, Tandy aura tout de même vendu près d'un million d'exemplaires de ses ordinateurs grand public et continue d'exister à travers ses milliers d'enseignes qui emploient plus de 35 000 personnes et réalisent un chiffre d'affaires de plusieurs milliards de dollars. Une belle longévité pour ce constructeur méconnu qui aura confectionné des ordinateurs pendant plus de dix ans et dont certains se souviennent encore.


[1] Un processeur 8 bits que l’on doit à la société Zilog et qui se retrouve sur de nombreux ordinateurs (Sinclair ZX80, MSX, Amstrad CPC) et consoles de jeux vidéo (Master System, Game Boy, Game Gear)
    
Commentaires et anecdotes
Merci pour ce rappel d'une période de mon enfance ;-) J'ai eu, au début des années 80, un clone taïwanais de TRS 80, le Video Genie qui présentait, par rapport à son papa, l'avantage d'avoir un vu-mètre bien pratique pour charger les programmes sur cassettes. Cela permettait un réglage plus fin et donc une plus grande stabilité, largement appréciable, quand il fallait jusqu'à parfois trois quart d'heure de chargement pour des programmes de jeux copieux. Avec le TRS 80 il n'était pas rare de devoir recommencer ! Combien de nuits passées à écrire ou recopier des programmes en BASIC récupérés sur des revues américaines spécialisées dont j'ai oublié le nom. Combien d'heures passées sur des jeux d'arcade comme Penetrator, Robot Attack, Babel Terror... et j'en passe. Le tout, joué sur clavier : un must !

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