Sinclair Research, 1980
Sinclair ZX80
Le Micro-ordinateur

Les jeux marquants

3D Monster Maze, Chess, Star Trek

L'essentiel
Pavé Info
Année de sortie 1980
Fabricant Sinclair Research
Support Cassettes
Unités vendues 1,6 millions
Prix 99.95 £ / 1000 FRF
Fiche Technique
Processeur Zilog Z80 cadencé à 3,25 MHz
Mémoire (vidéo) 1 Ko (RAM), 4 Ko (ROM)
Graphisme 64x48, monochrome
Son Aucun
L'Histoire
Le ZX80 est est le premier micro-ordinateur britannique au Monde. C'est également la première plateforme à tenter de s'opposer à la suprématie américaine du secteur. En effet, au début des années 80, le marché de l'informatique grand public est alors dominé par cinq constructeurs tous américains : Atari, Apple, Commodore, Tandy et Texas instrument.

Ce premier essai outre-Atlantique, on le doit à un inventeur génial du nom de Clive Sinclair. En 1962, il fonde Sinclair Radionics, une entreprise spécialisée dans la création de matériels radio et hi-fi qui se lance dans la conception de machines à calculer au début des années 70. Avec la Sinclair Executive, une calculette de poche simplifiée capable d'exécuter les quatre opérations de base lancée en 1972, l'entreprise devient même leader du marché européen pour ce type de produits. Mais dès 1975, Sinclair doit faire face à l'arrivée d'une nouvelle génération de calculettes aux écrans LCD provenant du Japon très performantes et bon marché. Ne pouvant faire face à cette nouvelle concurrence, Clive Sinclair doit rapidement trouver une solution et diversifier son activité. Pour ce faire, il analyse le marché naissant de la micro-informatique et se rend compte que, malgré leurs qualités indéniables, les ordinateurs américains de Tandy, d'Apple et de Commodore ne proposent pas d'offres accessibles pour le grand public (l'ordinateur le moins cher est proposé à 700 £, soit 1050 € avec moniteur mais sans aucun accessoire). Avec son collègue Chris Curry, qui créera plus tard l'Acorn BBC, Sinclair se met donc au travail pour réaliser un ordinateur de poche capable de rivaliser avec les plateformes existentes mais à des tarifs plus abordables. Par la même occasion, le chef d'entreprise souhaite démontrer qu'il existe un véritable marché d'entrée de gamme pour tous les particuliers qui n'ont pas les moyens nécessaires de s'offrir un TRS-80, un Apple II ou un CBM PET 2001 à l'époque. Le premier essai concluant est un étrange ordinateur, surnommé MK14, qui est vendu à 40 £ (soit 60 €) en 1978. Bien sûr, à ce prix, il ne faut pas s'attendre à des miracles. La machine est proposée uniquement en kit, l'acronyme MK signifiant d'ailleurs "Microcomputer Kit" c'est à dire que l'utilisateur final doit assembler lui-même les composants qui se trouvent dans la boite. L'appareil est livré sans écran mais avec des diodes électroluminescentes ou LED qui répondent aux instructions, de 256 octets de mémoire vive, d'un clavier muni de 20 touches numériques et sans aucun boîtier. Finalement, il s'agit d'une simple carte mère avec ses composants électroniques sans aucun artifice particulier. Autant le dire tout de suite, cette machine est donc plutôt destinée à des bidouilleurs qui souhaitent comprendre le fonctionnement d'un ordinateur. Mais, contre toute attente, le MK14 se vend très bien. En seulement quelques mois, grâce à des pages de publicité passées dans quelques revues spécialisées auxquelles il est possible de répondre à l'aide d'un coupon accompagné d'un chèque, Sinclair va réussir à écouler plus de 10 000 versions de son MK14. Les dirigeants de l'entreprise ont vu juste, un nouveau marché leur est ouvert mais il faut se hâter. Sinclair et ses équipes s'attèlent donc au développement d'une nouvelle machine avec comme objectif de la lancer à moins de 100 £, soit l'équivalent de 150 euros. Son nom, le ZX80.

Développé avec l'aide de Jim Westwood, le ZX80 est lancé en janvier 1980. C'est le premier ordinateur personnel à être lancé en dehors des Etats-Unis. Ses caractéristiques reprennent les principes fondamentaux qui ont fait le "succès" du MK14. Il est donc vendu en kit ou déjà pré-assemblé pour un prix de 99,95 £, soit 150 €. L'appareil est architecturé autour d'un processeur 8 bits, le Zilog 80 (d'où le nom du ZX80), avec 1 Ko de mémoire vive c'est à dire qu'il est impossible d'écrire un programme de plus de 1024 caractères ! Une nouvelle fois, à ce prix, le ZX80 ne propose aucun moniteur mais il est tout à fait possible de le brancher sur un écran TV (exit donc les LED en guise d'interface). Il n'y a aucun bouton ON/OFF et il faut simplement raccorder l'appareil au secteur comme toutes les machines que réalisera le constructeur par la suite. Les données peuvent être enregistrées sur un lecteur cassette externe qu'il faut néanmoins se procurer et les informaticiens en herbe peuvent donc s'adonner aux joies de la programmation en Basic Sinclair, dans la limite de la mémoire disponible extensible jusqu'à 16 Ko. En revanche, le ZX80 propose un clavier à membrane très fastidieux à l'usage et il n'est donc pas rare de voir voler l'appareil à travers le salon après l'écriture de quelques lignes de codes, complexes à compiler de surcroît. Le design de l'appareil, qui ne pèse que 300 grammes, est l'oeuvre d'un jeune étudiant dénommé Rick Dickinson (voir vidéo ci-dessus) qui travaillera l'année suivante sur le successeur du ZX80. Dès les premières semaines, le nouvel ordinateur de Sinclair se vend extrêmement bien atteignant 20 000 ventes en quelques mois et 100 000 exemplaires en seulement un an et demi d'exploitation. Une durée de vie qui sera écourtée à cause de reproches de clients mécontents qui remontent aux oreilles de Sinclair mais celui-ci a déjà préparé la succession.

En mars 1981, le constructeur lance le ZX-81. Un appareil plus performant qui répond aux exigeances faites par les utilisateurs du ZX80. Il est vendu encore moins cher, 49.95 £ dans sa version en kit, et propose un design plus moderne qui sera d'ailleurs récompensé par un prix en Grande-Bretagne la même année. Son Basic intégré est de meilleure qualité et règle les problématiques liées aux calculs de nombres à virgule flottante ce que ne pouvait pas faire son prédécesseur (exemple : "2,3" était automatiquement converti en nombre entier "2" ne permettant pas d'afficher de résultats très précis). Au rang des défauts, on retrouve toujours la mémoire extra-light d'un kilo-octet [1] et le fameux clavier à membrane qui exaspère tous les codeurs. Néanmoins, la machine est cette fois-ci compatible avec toute une série d'accessoires permettant d'ajouter de la mémoire suppémentaire, une carte son, de la couleur, une imprimante mais uniquement sur un seul port d'extension et tout cela à un coût relativement élevé au final. Le ZX81 est le premier ordinateur de Sinclair à être produit en masse ce qui lui permet de toucher presque tous les continents et de se vendre à plus d'1,5 millions d'exemplaires dès la fin de l'année 1983. Si les caractéristiques du ZX81 sont nettement inférieures à celles des micro-ordinateurs de l'époque (Texas TI99/4, Commodore VIC-20, IBM PC, Atari 800, etc.) ; celui-ci a néanmoins su se faire une place de choix dans le coeur de nombreuses personnes désireuses de s'initier à la programmation ce qu'il réalise à merveille avec son guide d'apprentissage en Basic très pédagogique. En 1983, Clive Sinclair est promu "meilleur jeune entrepreneur britannique" et il est même anobli par la Reine ; il faut donc désormais le qualifier sous son nouveau sobriquet de "Lord Clive Sinclair". Cette gamme d'ordinateurs grand public, les plus petits et les moins chers du marché, ont véritablement été le point d'émergence de toute une génération de programmeurs en herbe qui ont depuis créé leurs propres entreprises dans l'informatique ou les jeux vidéo. C'est notamment le cas en Grande-Bretagne et en France où le ZX-81 a connu une belle réussite mais sans commune mesure avec son successeur : le ZX Spectrum. 


[1] En revanche aux Etats-Unis, le ZX-81 est distribué par Timex avec le double de mémoire dans sa versiaon d'origine et sous une nouvelle appellation, TS-1000 (TS pour Timex Sinclair bien sûr).
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