Oric International, 1983
Oric 1
Le Micro-ordinateur

Les jeux marquants

Macadam Bumper, The Hobbit, L'Aigle d'or

L'essentiel
Pavé Info
Année de sortie 1983
Fabricant Oric International
Support Cassettes
Unités vendues 300 000
Prix 169,95 £ / 1990 FRF
Fiche Technique
Processeur MOS 6502A cadencé à 1 MHz
Mémoire (vidéo) 16-48 Ko (RAM) / 16 Ko (ROM)
Graphisme 240x200 pixels, 8 couleurs
Son mono, 3 voix, 7 octaves
L'Histoire
Concurrent de l'Acorn BBC et du ZX Spectrum, l'Oric-1 est un ordinateur britannique commercialisé en 1983 que l'on doit à la société Oric Products International qui a connu un succès important au Royaume-Uni et en France au milieu des années 80. 

Tout commence à la fin des années 70, Tangerine Computer System est alors une société basée à St. Ivy, au Royaume-Uni, qui commercialise des ordinateurs en kit et dont le modèle le plus connu est le Microtan-65, apparu en 1979. Tangerine signifie "Mandarine" en français. Bien sûr, le choix d'un agrume pour le nom d'une société n'est pas le fruit du hasard si l'on se réfère au succès de la marque Apple à cette époque qui vient de lancer son Apple II sur le marché américain. En Europe, le Microtan-65 ne connaît pas le même triomphe. En revanche, il permet à Tangerine de montrer son savoir-faire en terme d'électronique et d'acquérir les fonds nécessaires pour travailler sur des projets plus ambitieux (à l'instar de Sinclair et Acorn qui ont fonctionné de la même manière avec leur MK-14 et le System-1 qui ont permis par la suite de développer des machines plus abouties). Renommée Oric Product International en 1980, Tangerine planche alors sur un nouvel ordinateur capable de rivaliser avec ses principaux concurrents de l'époque, notamment le ZX80, avec comme objectif d'initier le grand public aux joies de l'informatique. Architecturé autour du fameux processeur 8 bits MOS 6502 [1], l'Oric-1 est présenté pour la première fois à la presse en août 1982. Il est disponible en précommande dès le mois d'octobre et le constructeur doit alors répondre à un flux massif de 30 000 commandes difficiles à honorer puisque l'entreprise souhaite en parallèle lancer sa machine pour les fêtes de Noël. 

Finalement, l'Oric-1 est commercialisé en janvier 1983. Dès les première semaines, l'ordinateur est présenté comme une alternative très intéressante et bon marché dans les magazines spécialisés. On apprend même que son nom est en fait un anagramme du mot "Micro" auquel on a enlevé la première lettre. L'Oric-1 est disponible en deux versions : la première vendue à 129,95 £ (soit 180 €) avec 16 Ko de mémoire vive et la seconde à 169,95 £ (soit 255 €) avec un gain substantiel de mémoire permettant d'écrire des programmes plus longs. C'est ce deuxième modèle qui se vendra le mieux car la première version ne propose aucune extension possible permettant d'ajouter de la mémoire. A côté de son boîtier qui arbore une jolie robe bleue et blanche, l'Oric-1 propose un clavier de 57 touches qui ressemble à s'y méprendre à celui d'une calculatrice. Problablement dicté par des critères économiques, ce clavier peu ergonomique se rapproche des standards visibles sur les ordinateurs des marques Sinclair et Thomson alors que la concurrence opte pour des claviers mécaniques de meilleure qualité (présents sur Commodore VIC-20, C64 ou Acorn BBC par exemple). Cela est d'autant plus regrettable que le langage intégré dans la mémoire interne de l'ordinateur, également appelée mémoire "morte" ou ROM, est de très bonne conception. Dérivé du Basic de Microsoft, il répond à de nombreuses instructions au même titre que le Basic présent sur l'Acorn BBC, réputé comme le plus fiable et le plus complet de sa génération. En revanche, lors des compilations, la machine a tendance à planter et le lecteur cassette permettant d'enregistrer les données s'avère également peu fiable ce qui engendre de nombreux retours en usine. Néanmoins, les ventes sont au beau fixe et c'est en traversant la Manche en 1983 que l'Oric-1 va trouver une nouvelle niche en France où l'appareil est d'ailleurs promu "Meilleur ordinateur de l'année 83". Entre 1982 et 1988, le constructeur annonce avoir distribué 160 000 machines et 50 000 exemplaires supplémentaires uniquement pour la France, sa nouvelle terre d'accueil. Ces milliers de machines écoulées à partir de 1983 permettent de lever plusieurs millions d'euros afin de travailler sur l'évolution de la plateforme.

Cette évolution est lancée en 1984 et porte le nom d'Oric Atmos. D'un point de vue technique, l'appareil est quasiment identique à l'Oric-1 mais quelques modifications sont apportées dans la ROM afin de résoudre les nombreux bugs référencés par les utilisateurs. La principale évolution provient surtout du clavier mécanique rouge et noir qui remplace avec brio le précédent qui était trop difficile à manipuler lors de longues séances d'écriture en Basic. L'Atmos est également évolutif, il est donc possible d'y adjoindre une ribambelle d'accessoires (imprimante, modem, joysticks pour jouer, etc.) dont le fameux lecteur de disquettes 3", attendu de longue date et qui permet d'enregistrer et lancer des programmes beaucoup plus rapidement que sur cassettes. Tout comme dans sa version précédente, certaines instructions en Basic permettent de programmer directement la puce sonore qui s'exprime alors à travers l'unique haut-parleur intégré de l'appareil, possibilité encore assez rare à l'époque. L'Atmos est une nouvelle fois consacré dans notre pays et de nombreux programmeurs français n'hésitent pas à sortir leurs premiers jeux sur cette plateforme très bon marché. En 1984, de nombreux éditeurs (Titus, Loriciel, Ere informatique, Infogrames, etc.) et développeurs (Eric Chahi, Philippe Ulrich, Rémi Herbulot à qui l'on doit le jeu de flipper Macadam Bumper sur cette plateforme) forment déjà une communauté de passionnés dont les meilleurs recrues seront regroupées sous l'appelation "French-Touch" quelques années plus tard. Pendant ce temps en Angleterre, Oric International accumule les dettes à cause d'une gestion désasteuse du groupe de la part de ses dirigeants. En 1985, l'entreprise britannique dépose le bilan et est rachetée par une société française, Eurêka, qui continue de développer l'Atmos pendant quelques années. Contre toute attente, la machine continue de s'écouler à plusieurs milliers d'exemplaires et rivalise même avec les ventes des ordinateurs TO7 et MO5 de Thomson qui a pourtant passé un contrat mirifique avec le gouvernement de François Mitterrand grâce au "Plan informatique pour tous". En 1986, Oric International propose un nouveau modèle encore plus évolué que l'Atmos qui répond au nom de Téléstrat, un nom qui provient de la fusion de l'expression "Télématique" très en vogue à l'époque et du nom de code "Stratos" du projet lorsqu'il était encore en cours de développement. Malgré ses qualités indéniables, dont une extension Hyper Basic que l'on doit à l'informaticien Fabrice Broche permettant de réduire le nombre d'erreurs de syntaxe tout en compilant rapidement ses programmes, le Téléstrat ne pourra faire face à l'arrivée des Amstrad CPC, Atari ST et Amiga 500 plus performants et dotés d'une ludothèque impressionnante. Pourtant, cet appareil avait déjà un modem intégré permettant de le transformer en véritable serveur Minitel, continuant ainsi la démarche de réseau à distance très développée en France durant cette période. En 1988, les ordinateurs de la gamme Oric disparaissent ainsi que la société française Eurêka qui dépose le bilan. Ces ordinateurs, assez méconnus, ont néanmoins permis de donner des vocations à toute une génération de développeurs dont certains travaillent encore dans le milieu de l'informatique et des jeux vidéo. 


[1] Un processeur 8 bits très bon marché concurrent du Zilog 80 et qui se retrouve sur de nombreux ordinateurs (Atari 800, Apple II, MSX, Acorn BBC) et consoles de jeux vidéo (NES, PC Engine)
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