Mattel / Radofin, 1983
Mattel Aquarius
Le Micro-ordinateur

Les jeux marquants

Aliens, Breakout, Tron, Astrosmash, Bounder

L'essentiel
Pavé Info
Année de sortie 1983
Fabricant Mattel / Radofin
Support Cassettes/Cartouches
Unités vendues env. 8000
Prix 1200 francs
Fiche Technique
Processeur Zilog Z-80 cadencé à 3.5 MHz
Mémoire (vidéo) 4 Ko (RAM) ext. à 20 Ko / 10 Ko (ROM)
Graphisme 80 x 72 pixels en 16 couleurs
Son 1 voie
L'Histoire
L'Aquarius est un ordinateur lancé en 1983 par la société Mattel, premier fabricant de jouet au Monde également présent sur le marché des jeux vidéo depuis 1980 avec l'Intellivision.

Au début des années 80, Mattel est un constructeur bien connu des joueurs de jeux vidéo avec l'Intellivision, première console de jeux 16 bits au Monde, qui a connu un succès d'estime mais dont les ventes sont en chute libres depuis 1982 avec la sortie de la Colecovision et l'avènement des micro-ordinateurs grand public, le TI 99/4, l'Atari 800, le VIC-20 et surtout le Commodore 64 qui connaît une réussite exceptionnelle. À cette époque, le marché des jeux vidéo se tourne de plus en plus vers les ordinateurs personnels et il est impératif pour le groupe de suivre le mouvement. Mattel cherche donc à intégrer le secteur de la micro-informatique grand public en développant son propre ordinateur. C'est ainsi qu'en 1982, l'entreprise reprend à son compte le travail réalisé par l'un de ses distributeurs basé à Hong-kong, Radofin, qui a déjà développé deux prototypes d'ordinateurs en interne, le Checkers et le Chess. Renommé Aquarius et présenté pour la première fois en 1982, le Checkers sera finalement distribué à partir de l'été 1983 tandis que son successeur sera disponible en 1984 sous le nom d'Aquarius II.

Au même titre que les ordinateurs réalisés par le constructeur britannique Sinclair (série ZX80 et ZX Spectrum), l'Aquarius est un ordinateur d'entrée de gamme lancé au prix de 1200 FRF, soit 180 €, qu'il faut brancher sur un moniteur (le plus souvent l'écran de télévision familial). Il est architecturé autour d'un microprocesseur 8 bits, le fameux Zilog 80 [1] et propose 4 Ko de mémoire vive dont la moitié est utilisée pour la gestion des paramètres vidéo. Il ne reste donc au final que 1780 octets, soit moins de 2000 caractères, pour l'écriture de programmes en Basic 1.0, que l'on doit à Microsoft. Bien entendu, il est possible d'augmenter cette mémoire à 20 Ko avec l'ajout d'un composant, qui se branche directement à l'arrière de l'appareil. Malheureusement, toutes les instructions en Basic ne sont pas reconnues (il s'agit de l'une des premières versions) et aucun éditeur de texte ne permet de revenir sur une ligne de code erronée provocant des compilations assez stressantes. De plus, avec le clavier en gomme de très mauvaise qualité, il est fort probable que vous ne passiez pas votre temps à programmer sur cette machine qui est même décrite en interne comme "l'appareil des années 70". En ce qui concerne les jeux, ce n'est pas vraiment mieux puisque pour pouvoir s'y adonner, il faut se procurer une extension qui n'est pas toujours inclue dans la boite d'origine, appelée Mini-Expander. Celle-ci est composée de deux manettes semblables à celles de l'Intellivision avec un module sonore supplémentaires parce que la sortie standard sur une voie n'est vraiment pas exceptionnelle. Si certains titres sortent du lot tels que Donjons et Dragons un RPG en pseudo 3D et Utopia, une simulation de gestion précédant SimCity et Populous, on ne peut décemment pas affirmer que l'Aquarius est une bête de course comparée à ses concurrents, notamment à cause d'une résolution graphique proche d'un Minitel, déjà obsolète à l'époque.

Seulement quelques mois après son lancement, Mattel, commence à avoir des doutes sur la qualité de l'Aquarius et se désolidarise de sa branche jeux vidéo, suivant le triste sort des constructeurs Atari et Coleco également en grande difficulté. Fin 1983, les ventes sont catastrophiques et Mattel décide de céder tous les droits de distribution et de la marque à Radofin qui croit encore aux capacités de sa machine. En mars 1984, l'entreprise hong-kongaise lance l'Aquarius II capable d'afficher 16 couleurs dans une meilleure résolution, muni d'un clavier mécanique et de 20 Ko de mémoire vive pour écrire des programmes complets en Basic. Malgré les défauts gommés de la première version, l'Aquarius II n'arrivera pas à s'imposer sur un marché saturé qui propose pas moins d'une quinzaine d'ordinateurs personnels de meilleur qualité et incompatibles entre eux de surcoît. Bradée et vendue à perte seulement quelques semaines après sa sortie, l'Aquarius II est un échec commercial au même titre que l'Adam du constructeur Coleco. À cette époque, seuls les ordinateurs proposant un rapport qualité/prix intéressant arriveront à émerger de cette crise qui a failli annihiler le secteur des jeux vidéo entre 1983 et 1984. Mattel et Radofin ne feront pas partie des heureux-élus. En revanche, l'échec commercial de cet ordinateur en fait une machine assez rare, très prisée de la part des collectionneurs.


[1] Un processeur 8 bits très bon marché que l’on doit à la société Zilog et qui se retrouve sur de nombreux ordinateurs (Sinclair ZX80, MSX, Amstrad CPC) et consoles de jeux vidéo (Master System, Game Boy, Game Gear)
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