Coleco, 1983
Coleco Adam
Le Micro-ordinateur

Les jeux marquants

Buck Rogers, Dragon's Lair, Super Donkey Kong, Super Zaxxon

L'essentiel
Pavé Info
Année de sortie 1983
Fabricant Coleco
Support Cassettes
Unités vendues 100 000
Prix 750 $ / 9700 FRF
Fiche Technique
Processeur Zilog Z80 cadencé à 3.58 MHz
Mémoire (vidéo) 80 Ko (RAM), 32 Ko (ROM)
Graphisme 256 × 192 pixels en 16 couleurs
Son Texas Instruments SN76489, 3 voix
L'Histoire
Lancé en juin 1983, le Coleco Adam est un ordinateur que l'on pouvait acheter complet ou sous forme d'extension pour la console Colecovision. Il fait suite au choix stratégique du constructeur américain d'intégrer le milieu de la micro-informatique qui connaît alors un boom retentissant au début des années 80.

En fait d'ordinateur, le Coleco Adam est plutôt un système complet d'initiation à la bureautique informatique puisqu'il comprend à la fois : un double lecteur cassettes pour enregistrer ses programmes, un clavier mécanique de très bonne qualité contrairement aux claviers en gomme ou sensitifs des machines concurrentes (ZX80, Thomson MO5, Thomson TO7, etc.) ainsi qu'une imprimante marguerite semi-professionnelle de très bonne qualité [1]. L'ensemble est présenté pour la première fois au Consumer Electonic Show de Chicago en Juin 1983 avec une adaptation de Donkey Kong qui ne sera pas du goût de tous les constructeurs présents lors de l'événement. En effet, à cette époque, Atari détenait l'exclusivité des droits d'exploitation de la licence de Nintendo sur micro-ordinateurs. De plus, Coleco et Atari était déjà en procès pour l'utilisation abusive des licences de la VCS 2600 sur la Colecovision à l'aide d'un accessoire vendu séparément à la console. Outre cet aspect juridique qui montre à quel point les rapports étaient parfois conflictuels entre les constructeurs, Coleco profite du CES pour fixer le prix de vente de sa nouvelle plateforme. Dans un premier temps, l'ensemble est proposé à 600 $ pour les précommandes mais ce tarif est rapidement revu à la hausse, autour de 750 $, pour le lancement officiel prévu au mois d'octobre de la même année. Si l'on considère les différents composants qui se trouvent dans le pack, cela n'apparaît pas si excessif que cela de prime abord. D'ailleurs, dès les premières semaines, les précommandes de l'Adam battent tous les records (on en décompte jusqu'à 400 000) mais elles ne sont pas toutes honorées par le constructeur car celui-ci est incapable de construire autant de machines à la fois. Plus embêtant, de nombreux problèmes techniques apparaissent sur le hardware, en particulier sur le lecteur cassette peu fiable. Les retours en usine se multiplient, certains chiffres annonçant même jusqu'à 50 % de retour SAV seulement quelques jours après le lancement ! Coleco tente de faire bonne figure mais passe complètement à côté des fêtes de Noël pour résoudre les nombreux problèmes techniques de son appareil. L'ordinateur, qui a déjà coûté plusieurs millions de dollars d'investissement au groupe, est en train de le mener à sa perte d'autant que les lancements sur les autres continents ne sont pas exempts de défauts.

En France, l'Adam est commercialisé à partir du mois de juillet 1984. Il est toujours proposé en version complète ou en tant qu'extension de la console Colecovision mais à un prix beaucoup plus élevé qu'aux Etats-Unis : 8500 FRF sans la console (soit 1275 €) ou 9700 FRF (soit 1455 €) avec tous les éléments. Sur le vieux continent, à cette époque, il faut rappeler que le ZX Spectrum et le Commodore 64 sont beaucoup moins chers et se vendent très bien sans évoquer l'Amstrad CPC 464 qui pointe le bout de son nez à moins de 600 € avec un moniteur intégré. Néanmoins, l'Adam impressionne par son contenu. La machine est présente dans tous les rayons de magasins de jouets et son prix démesuré ne cesse de dégringoler au fil des mois pour se retrouver aux alentours de 500 € dès janvier 1985. À ce tarif, le constructeur américain propose un ordinateur 8 bits architecturé autour du processeur Zilog 80, le même que sur la Colecovision, mais avec plus de mémoire vive (80 Ko) dont 64 Ko uniquement réservés pour l'écriture de programmes en Basic. Un langage qui est présenté comme compatible avec la majorité des machines Apple (Apple II, Macintosh) et que l'on peut retrouver dans des magazines spécialisés de type Hebdogiciels en France. Dans la réalité, il ne s'agit pas de simples copier-coller et il faut ajuster un minimum ses lignes de code pour que cela fonctionne vraiment. L'imprimante marguerite est fournie avec deux jeux de polices de caractères en français et en anglais qu'il faut insérer dans l'appareil suivant que vous lanciez le traitement de texte (un concurrent de Word) disponible au démarrage en ROM ou le Basic qu'il faut lancer avec le lecteur cassette. La qualité d'impression de l'imprimante est vraiment excellente ; en revanche, sa lenteur et le bruit d''éxécution ne jouent vraiment pas en sa faveur. De plus, elle sert également d'alimentation externe à tout l'ensemble ce qui signifie que si l'imprimante a un problème alors tout l'ensemble de l'Adam devient inopérationnel et le service SAV risque de ne pas vous répondre car Coleco n'est pas au mieux à cette époque. Le clavier mécanique est un vrai plaisir pour l'écriture de programmes mais il faut pouvoir passer du Qwerty à l'Azerty par rapport à l'utilisation faite de votre ordinateur : traitement de texte ou machine à écrire en français, programmation en anglais (tout du moins en Qwerty). Pour ce qui est du lecteur cassette qui a causé de nombreux retours en usine, celui-ci est rapide mais utilise des formats propriétaires un peu chers que l'on peut néanmoins contourner en perçant des trous sur des cassettes classiques afin de les rendre compatibles avec le lecteur. Malheureusement, les données présentes sur les cassettes analogiques ont tendance à s'effacer à l'allumage de l'appareil à cause du champs magnétique des différents composants. À ce propos, une notice explicative précise par la suite qu'il ne faut jamais laisser de cassettes dans le lecteur à l'allumage et qu'il vaut mieux les déplacer à plus de 30 centimètres du système ! Autre inconvénient, malgré les quelques qualités indéniables du système, l'Adam prend une place très importante dans une chambre avec son imprimante, la console branchée à l'arrière, son clavier et un moniteur. À lui seul, le carton d'emballage et ses différents éléments pèsent plus de 20 kilos. On comprend tout de suite mieux les raisons du tarif excessif dans les pays d'exportation. 
  
Quelque soit la version proposée, l'Adam est compatible avec l'ensemble des cartouches de la Colecovision, ce qui lui offre un large panel de jeux au choix dès son lancement. En revanche, on ne peut que déplorer que celui-ci ne propose pas plus d'exclusivités alors qu'il est plus avancé technologiquement qu'une console. Au final, la ludothèque de l'Adam se contente d'adaptations de bonne qualité et parfois plus complètes grâce à la mémoire vive plus importante mais l'immense majorité des titres proposés sont déjà disponibles sur les plateformes concurrentes. Fin 1984, les ventes de l'Adam sont très loin des 500 000 exemplaires espérés par le groupe. Le constructeur doit éponger des pertes avoisinant les 260 millions de dollars ce qu'il réalise en supprimant la division jeu vidéo et en cédant tous les droits d'exploitation à Télégames. Coleco revient peu à peu ses activités d'origine de fabricant de jouet mais est finalement racheté par son concurrent Hasbro en 1989. Quant à Télégames, l'entreprise a racheté l'ensemble du stock à Coleco et, plutôt que de proposer une Colecovision ou un Adam remodelé, présente une nouvelle plateforme nommée Dina 2-in-1, Personal Arcade par la suite, qui permet de jouer à la fois à des jeux Colecovision et Sega SG-1000, l'ancêtre de la Master System. Au même titre que Mattel qui a tenté le pari risqué d'intégrer le secteur de la micro-informatique à la même époque avec son Aquarius et qui s'est séparé de sa filiale jeu vidéo ; Coleco n'a jamais su se remettre de son choix stratégique, peu aidé il est vrai par la crise du secteur qui sévit. Peut-être aurait-il mieux fallu orienter ses choix d'investissements vers la Colecovision qui se vendait encore bien jusqu'en 1983 ? Mais il est toujours plus facile de réécrire l'histoire, surtout quand on connaît les événements qui lui ont succédés.


[1] Remarque : Les imprimantes jet d'encre et laser ne sont pas encore proposées de manière systématiques à l'époque car très chères.
Commentaires et anecdotes
BONJOUR J EN POSSEDE UN COMBIEN PUIS JE LE VENDRE
L'Oric-1 n'avait pas de clavier en gomme.
effectivement merci bcp pour la remarque ^^ (rectification faite dans le texte)

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