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ACTUALITÉS DU MUSÉE
Un triste anniversaire...

"L'Affaire de l'Arche de la Défense va coûter 15 millions d'euros aux contribuables français !"

C’était il y a tout juste un an, le 24 avril 2010 pour être exact. Le Toit de la Grande Arche de la Défense fermait ses portes au public de manière abrupte. Raison évoquée : « principe de précaution suite à la chute d’une poulie d’ascenseur panoramique ». On nous avait promis des réparations provisoires de quelques mois, le temps nécessaire de remettre tout cela en état et d’éviter un accident visiteur…  Aurait-on été mené en bateau ?

Avril 2010, après de longs mois de travail pour présenter au public des expositions de qualité, ouvertes 7j/7 et dans un lieu prestigieux, le Musée du jeu vidéo et son cousin le Musée de l’Informatique, présent sur le Toit de l’Arche de la Défense depuis plusieurs années, ont donc fermé leurs portes, contraints et forcés. Pour le premier, seulement 12 jours d’exploitation auront suffit à anéantir un projet de plusieurs mois, nécessitant un budget conséquent et des équipes extrêmement motivées à l’idée de présenter un événement permanent sur l’histoire des jeux vidéo. Des transmissions de patrimoine qu’il était temps de présenter aux nombreuses familles mais aussi aux touristes et aux joueurs assidus. Un public qui a su répondre à cette démarche culturelle dès les premiers jours d’ouverture et qui continue de le faire via les expositions itinérantes et sur les réseaux sociaux en signant les pétitions (plus de 6000 signataires à ce jour).
 
Avril 2011, l’Arche de la Défense est toujours fermée au public, et ce pour une durée de cinq à dix ans suivant les procédures en cours entre les différents protagonistes de l’affaire : le Ministère de l’Ecologie, propriétaire des lieux, et le Toit de la Grande Arche, société exploitante et locatrice de l’espace. Le principal monument historique des Hauts-de-Seine, capable d’accueillir 250 000 visiteurs par an, est donc actuellement fermé par décision administrative d’un seul fonctionnaire de l’Etat avec comme conséquences graves : l’expulsion de deux musées qui s’autofinançaient, le licenciement d'une cinquantaine de salariés et le dépôt de bilan probable de plusieurs entreprises. Malgré les multiples démarches effectuées ces derniers mois pour la réhabilitation des Musées présents sur le Toit, aucun pouvoir public n’a su répondre de manière pragmatique à cet état de fait, préférant rester dans le flou artistique ou bottant simplement en touche. Invité au Ministère de l’Ecologie le lundi 21/02/2011 par M. Pascal Berteaud, directeur de cabinet de la Ministre de l’Environnement Mme Nathalie Kosciusko-Morizet ; celui-ci, inquiet de l'impact négatif que suscitait un tel dossier auprès des médias, nous a invité à être patients avant qu’ils actionnent leurs propres leviers auprès de l’EPAD ou de la Mairie de Paris. Les appuis des cabinets de M. Sarkozy et du Premier Ministre souhaitant une réponse rapide de leurs ministres de tutelle aux démarches communes du Musée du Jeu vidéo et de l’Informatique auront probablement aidés à cette entretien... mais dans quel but et pour quel résultat ?

« Cela fait deux mois que nous leur envoyons des messages pour nous impliquer davantage dans leurs actions afin de connaître la liste des personnes contactées et d’établir un budget de fonctionnement à propos des lieux envisagés répondant à nos exigeances immobilières, sans réponse de leur part… » précise Jean-philippe Alba, conservateur du Musée du Jeu vidéo et de préciser « Ce rendez-vous n’aura eu comme unique effet et comme objectif inavoué de la part du cabinet de suspendre nos communications auprès des médias à propos de la mauvaise gestion de ce dossier par le Ministère de l’Ecologie qui coûte extrêmement cher aux contribuables ».  Il y a quelques jours, le 22/04/2011, une délégation du Ministère de l’Ecologie s’est rendue sur le Toit de la Grande Arche pour visiter l'espace, se permettant d'ironiser sur le triste sort de l’entreprise expulsée et le record de la plus courte durée d'existence du Musée du Jeu vidéo. En revanche, "que 50 salariés aient été mis au chômage technique, 250 000 visiteurs et touristes ne consomment plus sur la zone de la Défense et près d’un million d’euros de charges sociales et de TVA ne soient plus collectées par les caisses de l’Etat ne semble poser aucun problème à ces mêmes fonctionnaires" lance Philippe Nieuwbourg, directeur du Musée de l'informatique.
 
Un an après cette expulsion arbitraire, que l’on doit officiellement à Jean-François Monteils secrétaire général du Ministre de l’écologie de l'Epoque M. Jean-Louis Borloo, que peut-on retenir de cette décision ? « En fait, les quatre ascenseurs panoramiques sont réparés depuis le 30 juillet 2010, il n’y a donc aucune raison valable à ce que l’Arche de la Défense n’accueille plus de public. Le 20 décembre 2010, le Tribunal d’instance a renvoyé la demande d’expulsion du Ministère au fond, estimant qu'il n'y avait pas d’urgence à mettre dehors la société d'exploitation. Malgré tout, la procédure risque de prendre des années avec un statut quo permanent du Toit de l’Arche tant que rien n’est décidé par la justice. Selon le quotidien Libération, l’entreprise du Toit demanderait 29,5 millions d’euros de dommages et intérêts. La fermeture de l’Arche coûte actuellement 1 million d’euros par an au bas mot aux contribuables français [chômages perçus par les 50 salariés plus TVA et charges sociales qui ne sont plus collectées]. Au bout de dix ans de procédure, si la justice penche pour l’entreprise expulsée cela pourrait coûter 15 millions d’euros à la collectivité pour une décision capricieuse d’un haut fonctionnaire de l’Etat qui ne souhaite pas revenir en arrière. C’est un gâchis énorme ! Au final, c'était beaucoup plus rentable lorsque l’Arche était ouverte au public, un non sens que seule la lourdeur administrative française peut se permettre. Cela ne nous empêche pas d'être approché par de nombreuses collectivités locales qui sont intéressées par la réhabilitation de nos institutions. Je suis certain que la ville ou la personnalité politique qui prendra en main ce projet profitera à coup sûr d'une image très positive auprès des médias et des milliers de visiteurs qui n'attendent qu'une seule chose : la réouverture du Musée du jeu vidéo et celui de l'informatique » conclut Philippe Nieuwbourg, vraisemblablement remonté contre l'attitude du Ministère.



Pour soutenir la réhabilitation du Musée du jeu vidéo : n'hésitez pas à signer la pétition.
 
 


 
Commentaires et anecdotes
merci pour vos soutiens (ca donne de l energie). On espere aussi que les news des mois à venir seront plus positives, on y travaille et on hésitera pas à vous tenir au courant d'une nouvelle expo itinérantes et pourquoi pas permanentes ;o)

Shoot again !
Vivement que vous arriviez à trouver un autre emplacement ! Je n'ai pas eu la chance d'aller à ce musée (vu le court laps de temps d'ouverture). Vite des news plus sympas j'espère !
Je trouve que c'est un scandale ! Il y a clairement une demande de la part du public pour un lieu dédié au jeu vidéo et le gouvernement montre clairement son mépris pour cette culture nouvelle génération. Et puis c'est pas terrible pour les personnes qui sont sauvagement retrouvées au chômage...."Du travail pour tous" qu'ils disaient !

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